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Skoolie et chats en pleine aventure, protection contre bibittes.

Se protéger des bibittes en skoolie : notre guide pour humains et matous

Y’a une affaire que personne te dit avant de partir vivre en autobus : l’été, dehors, t’es jamais tout seul. Ça bourdonne, ça pique, ça t’attend dans les hautes herbes. Maringouins, mouches noires, taons pis tiques — la belle saison au Québec pis dans le nord-est américain, c’est aussi la saison des bibittes qui veulent ta peau. Pis la nôtre, pis surtout celle de nos trois matous.

Fait qu’on s’est assis, Mélo pis moi et on s’en cachera pas une bonne dose de IA, pour faire le ménage là-dedans. Qu’est-ce qui marche vraiment, qu’est-ce qui est du placebo, pis surtout — SURTOUT — qu’est-ce qui peut tuer un chat sans qu’on s’en rende compte. Parce que ça, mon p’tit hamster l’a appris en cours de route, pis ç’a fait un froid dans le dos à Mélo s’est découverte.

Avec les attaques surnoises de Monique la tique et sa comparse à Salisbury dans le Maine. Sans oublier aussi les kamikazes à chevreuil, nous survolant rapidement alors qu’on marinait au spa de Mandeville au Québec, pour se prendre un morceau et aller de dévorer plus loin.

Le monde des bibittes qui nous suit sur la route

Avant de sortir l’artillerie, ça vaut la peine de savoir à qui on a affaire. Chaque bibitte a ses habitudes, pis c’est en les connaissant qu’on se sauve le plus de piqûres.

Les maringouins. Nos vieux compagnons. Ils nous repèrent au CO2 qu’on expire, à notre chaleur pis à notre odeur. Au Québec, ils peuvent transporter le virus du Nil occidental pis d’autres cochonneries, selon l’INSPQ. Plus actifs au petit matin pis au coucher du soleil — pile à l’heure de l’apéro dehors, comme par exprès.

Les mouches noires. Les p’tites vlimeuses. Trapues, bossues, pas plus grosses qu’une tête d’épingle, pis elles piquent en plein jour — la tête, le cou, les chevilles, pis elles rampent en-dessous du linge. Le pic, c’est le printemps pis le début de l’été, surtout au nord du Saint-Laurent dans les sapinages. Bonne nouvelle : la nuit, elles dorment. Les soirées sont à nous.

Les taons (mouches à chevreuil pis à orignal). Les grosses baveuses. Leur morsure fait mal en s’il-vous-plaît, pis elles visent la tête pis les épaules. Elles capotent sur le mouvement, la chaleur pis — retiens ça — la couleur bleue pis les couleurs foncées.

Les tiques. Les silencieuses. C’est la tique à pattes noires (la tique du chevreuil) qui transmet la maladie de Lyme, pis son territoire s’étend vite au Québec — l’INSPQ ajoute des municipalités à surveiller chaque année dans la Capitale-Nationale pis en Chaudière-Appalaches, en plus des vieux foyers de l’Estrie pis de la Montérégie. Elles sautent pas : elles s’accrochent quand tu frôles la végétation. Pis elles sont réveillées dès que le mercure passe 4 degrés pis qu’y a pu de neige. Autant dire quasiment toute la saison.

Se protéger : le commercial pis le naturel

Pour nous, les humains, y’a deux champions homologués par Santé Canada, pis c’est pas des inventions de grand-mère.

Le DEET. Le grand classique. Au Canada, on le trouve à 30 % maximum. Une couche de 30 %, ça te protège autour de 6 heures, moustiques pis tiques inclus. Pour les p’tits par exemple, faut faire attention : pas de DEET avant 6 mois, pis maximum 10 % pour les enfants jusqu’à 12 ans.

L’icaridine (picaridine). Mon coup de cœur pour la vie sur la route. Aussi efficace que le DEET, mais elle mange pas le plastique de tes lunettes ni le cadran de ta montre, pis elle est moins grasse. À 20 %, tu es tranquille 8 à 10 heures. L’Agence de la santé publique du Canada la préfère même au DEET pour les enfants de 6 mois à 12 ans. Elle protège contre les tiques itou. Si j’avais juste un produit à traîner dans le bus, ce serait ça.

Le PMD (huile d’eucalyptus citronné). Le seul répulsif végétal que Santé Canada reconnaît comme efficace. Bonne deuxième ligne, mais protège moins longtemps, pis à éviter sur les enfants de moins de 3 ans. Attention à pas le confondre avec un simple mélange maison d’huile d’eucalyptus pis de citron — ça, c’est pas homologué pantoute.

Côté naturel, faut être honnête : la citronnelle sur la peau, ça tient même pas une heure. Les autres huiles essentielles, pareil — faible pis court. Le vrai game changer naturel, c’est le linge traité à la perméthrine en usine. Une étude solide (Vaughn pis son équipe, 2014) a montré une baisse de plus de 80 % des piqûres de tiques la première année sur des travailleurs extérieurs. Au Canada, seul le linge traité en usine est approuvé, pour les 16 ans pis plus — les vaporisateurs de perméthrine à faire soi-même, c’est pas légal icitte, contrairement aux États-Unis. Pis — on va y revenir — la perméthrine pis les chats, c’est une histoire de vie ou de mort.

Mais la mesure la plus fiable, la moins chère, pis celle qu’on oublie tout le temps? Les barrières physiques. Des bonnes moustiquaires bien hermétiques sur toutes les ouvertures du skoolie. Du linge long, pâle, à tissu serré. Pis un filet de tête quand les mouches noires attaquent en gang — ça a l’air fou, mais tu remercies le ciel de l’avoir.

La section qui fait peur : ce qui peut tuer un chat

Icitte, je te demande de lire deux fois. Parce que plein de produits « anti-bibittes » ordinaires, ceux qu’on achète sans y penser, sont carrément mortels pour un matou.

La perméthrine : correct pour un chien, mortel pour un chat. C’est ça le piège. Le foie du chat a pas l’enzyme pour la décomposer, fait qu’elle s’accumule pis elle attaque son système nerveux. Les produits antipuces pour chiens contiennent souvent 45 à 60 % de perméthrine; les produits sécuritaires pour chats, en-dessous de 0,1 %. Les symptômes : tremblements, spasmes, bave, convulsions. C’est une des intoxications les plus fréquentes rapportées au centre antipoison animal de l’ASPCA.

Pis dans un bus, écoute-moi bien : si t’as un chien traité à la perméthrine, ton chat peut s’empoisonner juste en se collant dessus ou en le toilettant. Dans un espace clos comme le nôtre, y’a pas de cachette. Le linge traité une fois qu’il est ben sec, le risque est faible selon les toxicologues vétérinaires — c’est la dose qui fait le poison. Mais le liquide, les vaporisateurs, les traitements pour chiens : jamais proche des chats.

Les huiles essentielles. Là, ça va surprendre bien du monde. Les chats manquent l’enzyme pour digérer les composés dans les huiles essentielles. Sont dangereuses par la bouche, par la peau, pis même juste dans l’air : arbre à thé, eucalyptus, agrumes, menthe, cannelle, clou de girofle, pin, pis souvent la citronnelle pis la lavande. L’ironie plate, c’est que plein de répulsifs « naturels doux » sont bâtis là-dessus. Un diffuseur d’huiles essentielles dans un bus avec un chat, c’est une des pires idées qui soit — l’espace est p’tit pis le chat peut pas s’en aller.

Le DEET. Jamais sur un chat ni un chien. Le chat se lèche, fait qu’il avale tout ce qui traîne sur son poil. Applique jamais ton DEET proche des matous, pis laisse-les pas licher ta peau traitée.

La règle d’or, celle que je me répète : jamais un produit « chien » sur un chat en pensant qu’une p’tite dose fera pas de tort. C’est faux. Chaque espèce a ses propres produits. Point.

Le rituel du retour : l’hygiène pis les tiques

Après une sortie, on a pris l’habitude d’un p’tit rituel. Pour nous : on se lave la peau au savon, on lave le linge avant de le remettre. L’écran solaire AVANT le répulsif, jamais les deux mélangés dans le même tube.

Pour les tiques, la technique du CDC est simple mais faut la respecter à la lettre : une pince à bouts fins, tu pognes la tique le plus proche possible de la peau, pis tu tires drette vers le haut, tout doucement, SANS la tordre ni l’écraser. Après, tu désinfectes. Pas de vaseline, pas de vernis à ongles, pas d’allumette — ces vieux trucs-là font juste empirer les choses. Si une rougeur s’étend ou que la fièvre monte dans les jours d’après, on consulte.

Pis si jamais un chat se retrouve exposé à la perméthrine : bain à l’eau tiède avec du savon à vaisselle, on le garde au chaud, pis urgence véto sur-le-champ. Y’a pas d’antidote, juste des soins de soutien. Le numéro de l’ASPCA Animal Poison Control (1-888-426-4435) est collé dans notre bus. Pas de gêne à appeler.

Protéger les aventuriers à 4 pattes dehors

Nos trois Maine Coons — Snow, Faye Valentine pis notre p’tite dernière Arya — ont droit à leur air frais. Mais ça vient avec des précautions.

D’abord, on les laisse pas galiper dans les hautes herbes ni dans les feuilles mortes : c’est le salon des tiques. Après chaque sortie, inspection. Pis un pelage de Maine Coon, c’est pas de la p’tite job — faut fouiller autour des oreilles, dans le cou, sous le menton, entre les orteils. On se checke nous autres itou : cuir chevelu, derrière les oreilles, la taille, les plis. Un p’tit truc : passer le linge 10 minutes à la sécheuse chaude, ça tue les tiques.

Pour la protection véto, y’a des antiparasitaires homologués spécifiquement pour chats — Bravecto pour chats, Revolution Plus, pis d’autres. La plupart sur conseil du vétérinaire. Faut y penser AVANT de partir vers une zone à tiques, parce que l’offre anti-tiques pour chats a longtemps été mince. Une jasette avec ton véto avant le grand départ, ça vaut de l’or.

Pis notre meilleure trouvaille : la coon mobile, notre poussette meshée. Les matous profitent du dehors, du soleil pis des oiseaux, ben à l’abri des piqûres, des prédateurs pis des fugues. Harnais corporel (jamais juste un collier) quand ils sont en laisse. Pis on surveille la chaleur — un chat, c’est confortable jusqu’à une trentaine de degrés, après faut faire attention au coup de chaleur.

Camping en nature avec feu de camp et tente dans un environnement forestier.

En addition, nous avons toujours la chapiteau à coons, la tente meshée avec corridor leur premettant d’être soit au soleil ou à l’ombre lorsque l’on place le tunnel sous un arbre ou le bus. Facilement repliable et utilisant un monimim de place, c’est notre façon d’aérer les chats en même temps que nous. D’ailleur, la tente est assez grande que Mélo les rejoint souvent pour une p’tite sieste.

Manger de l’ail pis autres légendes urbaines

Là, on démolit des mythes. Parce que du monde va te jurer, mordicus, que manger de l’ail ou prendre de la vitamine B, ça éloigne les maringouins. Ben non. Les études contrôlées montrent zéro effet. Le CDC le dit noir sur blanc : avaler de la vitamine B ou de l’ail, ça marche pas.

Pire encore : la p’tite bière fraîche sur le bord du feu? Elle AUGMENTE pour vrai l’attraction des moustiques. Désolé de casser le party. Ce qui te rend attirant pour les bibittes, c’est surtout ta génétique, ton CO2, ta chaleur pis ton odeur — pas ton assiette.

Par contre, y’a une affaire qui est vraie pis appuyée par la science : les couleurs. Une étude de l’Université de Washington (Riffell pis son équipe, 2022) a suivi 1,3 million de trajectoires de moustiques. Résultat : une fois qu’ils sentent ton CO2, ils foncent sur le rouge, l’orange, le noir pis le cyan, pis ils ignorent le vert, le bleu, le mauve pis le blanc. Pis les taons, eux, capotent sur le bleu. Fait que la leçon est simple : habille-toi pâle — blanc, beige, kaki, gris clair. Moins visible pour les bibittes, pis plus frais au soleil par-dessus le marché.

L’arsenal du skoolie (là on a du fun)

OK, la partie sérieuse est faite. Parlons armes. Parce qu’un moustique qui bourdonne dans le bus à 2 h du matin, ça, ça déclenche une chasse épique digne d’un documentaire animalier.

La tapette électrique. La fameuse raquette à décharge. Redoutablement satisfaisante — genre, un p’tit ZAP pis un éclair bleu, pis tu te sens comme un Jedi. Pas chère, rechargeable. Attention aux doigts, pis on la tient loin des enfants pis des chats.

Le Bug-A-Salt (le fusil à sel). Ça tire une p’tite pincée de sel de table qui abat la mouche à courte portée. Soyons honnêtes : c’est plus un jouet qu’un vrai outil de survie. Mais quel plaisir. La mouche sur la vitre a pas idée de ce qui l’attend. On vise jamais les yeux ni les matous, ça de soi.

Le Thermacell. Ça, par exemple, c’est du sérieux. Ça chauffe une pastille qui répand un répulsif pis crée une zone de protection d’environ 5 à 6 mètres de rayon après une quinzaine de minutes. Les tests terrain montrent que c’est nettement plus efficace que les chandelles à la citronnelle, même contre les mouches noires. Parfait pour la table de pique-nique ou le coin salon autour du bus. Deux règles : dehors seulement (jamais dans le bus fermé), pis jamais sur la peau.

Les « bug zappers » (les grilles UV). Ceux-là, oublie ça pour les moustiques. Une étude de l’Université du Delaware a compté 13 789 bibittes tuées par ces grilles-là : juste 31 étaient des piqueuses. 0,22 %. Le reste, c’était des insectes inoffensifs ou utiles. Fait que non seulement ça marche pas contre les maringouins, mais ça massacre les bonnes bibittes de l’écosystème. On passe notre tour.

Les chandelles de citronnelle. Effet réel mais faible pis très local — un rayon d’un mètre ou deux, pis le moindre coup de vent l’efface. Une étude à Guelph a mesuré une baisse de 42 % des piqûres avec des chandelles à 3 % de citronnelle. C’est mieux que rien pour une soirée calme, mais jamais comme protection principale. Pis on garde ça loin d’un chat sensible.

Notre plan de match, en résumé

  • Pour nous : icaridine 20 % en principal, DEET 30 % en réserve pour les grosses invasions. Linge long pâle pis filet de tête dans le temps des mouches noires.
  • Pour les matous : zéro répulsif humain, zéro huile essentielle, zéro perméthrine liquide. Un antiparasitaire véto POUR CHATS prescrit avant le départ. Sorties en coon mobile, le chapiteau ou en harnais, loin des hautes herbes.
  • La zone de vie : moustiquaires hermétiques partout, un Thermacell pour le coin repas dehors, une tapette électrique pour les intrus. Pis surtout : pas de diffuseur d’huiles essentielles avec un chat à bord.
  • Le rituel du retour : inspection tiques (nous ET les chats), douche dans les deux heures, linge à la sécheuse chaude.
  • Les signaux d’alarme : fièvre ou rougeur qui s’étend après une piqûre de tique → médecin. Tremblements ou bave chez un chat → urgence véto pis antipoison, tout de suite.

Voilà. C’est pas glamour, la guerre aux bibittes, mais c’est le prix de la belle saison dehors. Pis quand tout est en place — les moustiquaires, l’icaridine, la coon mobile pis le p’tit ZAP satisfaisant de la tapette — on peut enfin s’asseoir dehors, regarder le soleil se coucher, pis apprécier la vie sur la route. Sans se faire manger tout rond.

Bon été sans piqûres à tous les aventuriers à 2 pis 4 pattes!

Sources

Parce qu’on aime pas parler à travers son chapeau, voici d’où viennent nos infos :

  • Santé Canada — Le DEET chez les personnes vivant au Canada
  • Agence de la santé publique du Canada — Vêtements traités à la perméthrine; recommandations icaridine/DEET (CATMAT)
  • INSPQ — La protection personnelle contre les piqûres de moustiques; Maladies transmises par les moustiques; Tiques et maladie de Lyme
  • Société canadienne de pédiatrie — Les insectifuges : comment protéger votre enfant
  • CDC — What to Do After a Tick Bite (technique de retrait des tiques)
  • ASPCA / American Association of Feline Practitioners — Permethrin Poisoning and Cats; Feline Toxins
  • Pet Poison Helpline / VCA Animal Hospitals — Essential Oils and Cats; International Cat Care — Permethrin Poisoning
  • Vaughn M.F. et al., American Journal of Preventive Medicine (2014) — vêtements imprégnés de perméthrine
  • Alonso San Alberto D., Rusch C., Riffell J. et al., Nature Communications (2022), Université de Washington — couleurs et moustiques
  • Université du Delaware / UF-IFAS — inefficacité des bug zappers; piège bleu à taons (Dr Russell Mizell)
  • Lindsay et al., Journal of the American Mosquito Control Association (1996), Université de Guelph — chandelles de citronnelle
  • Merck Animal Health (BRAVECTO), PetMD — antiparasitaires pour chats