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Cuisiner pour deux dans un skoolie : cuisiner avec la météo

Dans un skoolie, la météo décide du menu bien avant nous autres.

En canicule, allumer le four, c’est transformer le bus en fournaise. Par temps frette, au contraire, on cherche tout ce qui réchauffe l’air en même temps que le souper. Depuis la dernière année, on cuisine sur la route lors de nos aventures, pis notre vraie leçon c’est celle-là : on cuisine avec les conditions, pas contre.

Le frigo pis les provisions : le nerf de la guerre

Le frigo, dans un skoolie, c’est pas un frigo de maison. Y’ouvre pis y ferme souvent par jour, l’espace est plus petit, y brasse sur les routes, pis y dépend du soleil qui rentre dans nos panneaux.

En cas de forte chaleur, on limite les ouvertures au minimum. On sait d’avance ce qu’on va chercher avant d’ouvrir la porte. Les affaires qui ne pardonnent pas la chaleur — le poisson, la viande hachée — on les mange en premier, dans les 24 heures.

Par temps frette, le problème s’inverse : il fait parfois plus froid dehors que dans le frigo. La glacière devient un deuxième garde-manger, pis certaines provisions se gardent tout simplement dans une caisse à l’arrière.

Pis y’a un facteur qu’on oublie trop souvent en faisant l’épicerie : les douanes! Quand on sait qu’un passage de frontière s’en vient, faut acheter en conséquence. Pas de sens à remplir le frigo de viande, de fruits pis d’œufs la veille de traverser — la moitié risque de rester à la guérite. On a appris à vider le frigo AVANT la frontière, pas après. Sinon c’est le souper “à la touski” pour déjeuner, en essayant de tout finir avant de tout jeter à la poubelle du poste frontalier. Les mixtes sont parfois assez spéciaux pour que les critiques disent “humm…. intéressant… par gentillesse”.

On a déjà fait une omelette avec les œufs restants, farcie au reste de gigot d’agneau au vin gratiné au fromage bleu.

Le gaz : le fidèle, mais…

Le rond au gaz, c’est notre bête de somme. Ça chauffe fort, ça marche sans soleil, sans batteries, sans rien. Une bonbonne pis on est autonomes.

Le hic : en plus d’une peur d’exploser si jamais un rond reste ouvert (dieu merci pour le détecteur au sol… tiens un nouveau son), ça dégage de la chaleur pis de l’humidité dans le bus. En canicule, mijoter une sauce une heure au gaz, c’est se cuire nous autres, même en même temps que le souper. On a beau ouvrir les portes de secours des deux côtés… y fait chaud!

L’induction : propre, mais gourmand

L’induction, c’est l’inverse. Pas de flamme, pas de chaleur perdue, pas d’humidité. En été, c’est presque un cadeau.

Mais ça tire fort sur le système. Idéalement, on en profite lorsque nous sommes connectés à une borne quand c’est possible, genre dans un camping.

Sur les batteries seules, un plein soleil pis un ciel gris, c’est pas le même repas qui est possible. Faut le savoir avant de sortir la plaque.

Un mot important pour nos amis porteurs d’un pacemaker ou d’un défibrillateur. L’induction, c’est pas comme les autres ronds. Au lieu de chauffer une résistance, elle crée un champ électromagnétique puissant directement sous le chaudron, pis c’est justement ce champ-là qui pose problème. Un stimulateur cardiaque peut mal interpréter ce champ, le prendre pour un signal du cœur pis arrêter de stimuler alors qu’il faudrait continuer. Le micro-ondes pis les plaques ordinaires, eux, sont sans danger — c’est vraiment l’induction qui demande une précaution. La consigne des cardiologues est simple : garder une bonne distance quand la plaque est en marche, plus de 60 cm, pis surtout ne pas se pencher au-dessus. Dans un skoolie où la cuisine est collée à tout le reste, ça vaut la peine d’y réfléchir deux fois avant de choisir l’induction comme rond principal.

Mon préféré : le feu, la flamme, le Dutch oven

Là, on parle. Quand le site le permet pis qu’il y a un pit à feu, tout change. Muhahaha!

Cuisiner dehors, c’est éviter d’ajouter de la chaleur supplémentaire dans le bus. En canicule, c’est LA solution : le souper se fait dehors, le bus reste vivable.

Le Dutch oven, c’est le compagnon parfait du feu. Tu le remplis, tu le suspends à l’aide d’un trépied ou tu le poses sur les braises, tu mets des braises sur le couvercle, pis tu laisses le feu faire son travail. Un chili, un pain, un rôti, un cassoulet express — ça devient un événement, pas juste un souper.

Quoi de mieux que de rester assis auprès du feu, le parfum du souper en cuisson lente (quelle dommage), une vraie soirée de cuisson au feu, l’ambiance avec Mélo pis les poilues autour. On adore tellement que nous avons même poussé l’audace avec un tourne-broche pour une pièce de viande, ou dans la cage pour du poulet ou du poisson. La clé d’un succès : un thermomètre Meater, qui, grâce au Bluetooth, aide à la communication avec notre repas. Je m’en viens, il me reste que 5 minutes 😉

Quelques idées repas selon le temps

Quand y fait chaud (on restreint l’usage du four, on sort dehors) :

  • Le tataki de thon de Mélo — juste saisi très brièvement, le bus reste au frais
  • Un p’tit tartare de canard, de bison ou de bœuf : rien à cuire, pantoute, tout est cru
  • Salades-repas complètes : légumineuses, un reste de poulet ou petites crevettes nordiques, des légumes croquants
  • Wraps froids, tout se prépare sans allumer une flamme
  • Un repas au feu dehors pendant que le bus reste au frais

Entre-deux, temps doux :

  • Une plaque à induction pour un vite-fait propre : sauté de légumes, pâtes
  • Un rond au gaz sans culpabilité, la fenêtre ouverte, pour une petite poêlée rapide de protéines et de légumes

Quand y fait frette (on veut chauffer le bus en même temps) :

  • Une soupe ou un mijoté au gaz : ça nourrit pis ça réchauffe l’air
  • Un Dutch oven au feu : le chili qui mijote, le pain qui lève, pis la chaleur qui reste

Au fond, dans un skoolie, le poêle le plus intelligent, c’est le ciel. On regarde le thermomètre, on regarde le soleil dans les panneaux, pis on décide c’qu’on mange. Bref, le bulletin météo et le calendrier deviennent souvent nos influenceurs quand il est temps de ravitailler le skoolie.